Les parcours professionnels se construisent grâce aux personnes : pour offrir davantage de possibilités aux femmes dans l’industrie manufacturière, il faut les former, les accompagner, les soutenir et leur donner l’espace nécessaire pour s’épanouir.
À première vue, le secteur manufacturier évoque souvent les calendriers de production, les équipements et le rendement. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, une autre réalité se dessine : celle du mentorat, du travail d’équipe et du soutien.
Pour Andrea Backlund, Carrie Leung et Chelsea Curbishley, leur carrière dans l’industrie ne se résume ni aux machines qu’elles utilisent, ni aux projets qu’elles ont menés, ni aux processus qu’elles ont améliorés. Leurs parcours mettent plutôt en lumière un élément bien plus déterminant : les personnes. Les mentors qui les ont guidées et les équipes qui les ont soutenues ont façonné leur cheminement et nourrissent aujourd’hui leur volonté d’aider d’autres femmes à s’épanouir à leur tour.
Ces femmes dans des rôles de leadership cumulent plusieurs décennies d’expérience et exercent diverses fonctions de leadership au sein de notre Centre d’excellence du bacon, situé à l’usine de Lagimodière, à Winnipeg, au Manitoba. Le site abrite également le Complexe du jambon, qui produit chaque année plus de 20 millions de kilogrammes de protéines transformées et fournit des morceaux de jambon frais aux usines de viandes préparées du réseau des Aliments Maple Leaf.
En fin de compte, le secteur manufacturier repose sur la capacité à fabriquer des produits de façon efficace, sûre et responsable. Et ce sont les personnes qui y travaillent qui rendent tout cela possible.
Celles qui nous montrent la voie
Andrea, gestionnaire, Approvisionnement et planification des matières premières, possède une formation en finance et en comptabilité. Elle a trouvé dans le secteur manufacturier une toute nouvelle orientation professionnelle. Carrie, responsable de la production de bacon précuit, a étudié les sciences alimentaires. Elle a commencé sa carrière au service Salubrité des aliments et assurance de la qualité (SAAQ), avant de passer aux opérations, puis d’occuper des postes de direction en production. Chelsea, gestionnaire, Production – Transformation du jambon a étudié la microbiologie. Elle a d’abord travaillé en assurance qualité (AQ), puis s’est orientée vers la gestion de la production.
Malgré des parcours différents, elles se souviennent toutes avec gratitude des personnes qui ont pris le temps de croire en leur potentiel.
Pour Chelsea, certaines des leçons les plus précieuses sont venues de collègues chevronnés travaillant en usine. « J’ai eu la chance de côtoyer de nombreux collaborateurs de longue date, qui comptent 30 à 40 années d’expérience dans le secteur et possèdent un savoir-faire considérable dont j’ai beaucoup appris », explique-t-elle.
Andrea reconnaît le rôle important qu'a joué son réseau de mentors, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des Aliments Maple Leaf. Ces personnes l'ont aidée à mieux comprendre les complexités du secteur manufacturier et à gagner en confiance tout au long de sa carrière. « Ce sont des personnes qui ont pris le temps de m'enseigner des choses que je n'avais pas nécessairement apprises à l'école, explique Andrea. Par exemple, le sens des affaires propre au secteur manufacturier ou encore les exigences particulières de différents procédés. Les possibilités de carrière et le soutien que je trouve ici, chez les Aliments Maple Leaf, sont sans commune mesure avec ce que j’ai connu dans d’autres entreprises. »
Pour Carrie, les encouragements de ses leaders l'ont aidée à reconnaître un potentiel qu'elle ne voyait pas toujours elle-même. « Il a fallu que certains leaders dans ma carrière me disent : “Tu fais du bon travail et les possibilités qui s'offrent à toi sont infinies.” Quand j'ai entendu cela, j'avais du mal à y croire. Depuis, j’ai beaucoup travaillé sur ma confiance en moi et sur ma capacité à accepter que je suis à la hauteur et que je peux accomplir ces choses. Il a fallu des personnes exceptionnelles tout au long de mon parcours professionnel pour vraiment m’aider à le comprendre », explique Carrie.
Ces réflexions mettent en lumière une réalité commune dans le secteur manufacturier et bien au-delà : on progresse souvent parce que quelqu’un prend le temps de nous guider, de nous encourager ou simplement de croire en notre potentiel.
Les gens qui travaillent à nos côtés
Certains des défis auxquels le secteur manufacturier est confronté aujourd’hui, qu’il s’agisse de répondre aux attentes de la clientèle, de composer avec la complexité de la chaîne d’approvisionnement, d’améliorer les activités ou de favoriser l’apprentissage continu, sont trop complexes pour qu’une seule personne puisse les relever.
La réussite repose sur la confiance, une communication ouverte et la volonté de travailler ensemble vers un objectif commun. C’est pourquoi Carrie est fière de la culture que son équipe a su bâtir collectivement. Ici, l’esprit de partenariat prime sur la compétition.
« Ce que j'aime le plus de mon équipe, c'est la camaraderie. Il y a souvent une certaine rivalité entre le quart de nuit et le quart de jour. Mais ici, dans l’équipe du bacon précuit, nous avons vraiment misé sur l’importance de travailler ensemble et de nous entraider, explique Carrie. Si l’autre équipe a oublié certaines choses, ce n’est pas grave. Nous pouvons en parler, mais sans que cela devienne personnel. Nous nous concentrons sur le problème et nous le réglons ensemble. »
Andrea partage ce point de vue et décrit la résolution de problèmes dans un environnement manufacturier comme un effort collectif qui repose sur la diversité des perspectives.
« Lorsqu’un problème se présente, nous l'abordons avec un véritable esprit d'équipe, explique-t-elle. Ici, à Lagmodière, notre devise est « une seule équipe ». La clé de notre succès consiste donc à réunir des membres de différentes fonctions pour examiner les problèmes ensemble. Ce n’est pas parce qu’une personne a plus d’expérience ou occupe un poste de gestion qu’elle a réponse à tout. Être un bon leader dans le secteur manufacturier, c’est savoir réunir les bonnes personnes autour de la table afin de trouver ensemble la meilleure façon de relever les défis. »
Ceux et celles qui nous soutiennent
Qu’il s’agisse de production, de planification ou d’opérations, aucune de ces femmes ne voit la réussite en leadership comme une réalisation individuelle.
Chelsea insiste sur l’importance de la communication pour assurer l’harmonisation entre les équipes interfonctionnelles. Comme elle supervise six personnes responsables de différents quarts de travail, la capacité d’établir les priorités et de collaborer est essentielle, tant dans sa vie professionnelle que personnelle. Mère de deux jeunes garçons, elle travaille aussi de concert avec son conjoint afin de concilier les responsabilités familiales et de soutenir leurs parcours professionnels respectifs.
« Je pense que le fait de pouvoir compter sur ce soutien pour concilier vie professionnelle et vie familiale fait vraiment la différence, souligne Chelsea. Depuis que je travaille de nuit, beaucoup de gens me demandent : “Comment va ta famille?” Eh bien, tout va bien. J’ai un bon réseau de soutien et c’est quelque chose que nous gérons ensemble. En fait, personnellement, je trouvais plus difficile de travailler de jour tout en conciliant mes responsabilités familiales. Si on trouve une façon qui fonctionne, cela ouvre la porte à encore plus de possibilités pour l’avenir. »
Celles qui prendront la relève
Le secteur manufacturier peut être technique et exigeant. Il demande de savoir résoudre des problèmes, prendre des décisions et chercher constamment à s’améliorer.
Mais les parcours d’Andrea, de Carrie et de Chelsea montrent que les femmes qui évoluent dans ce secteur ont la possibilité d’apprendre, de diriger et de progresser. À leur tour, elles ouvrent la voie à d’autres femmes. Leur influence va bien au-delà du plancher de production : elles inspirent les autres à envisager de nouvelles possibilités et montrent que de véritables progrès deviennent possibles lorsque nous nous soutenons les uns les autres.
Et pour ces trois femmes, créer un environnement où chacun peut apprendre, progresser et s’épanouir est peut-être l’une des contributions les plus importantes qui soient.